💡 La revue du mercredi par Daniel SOMMER notre expert AJE Finistère Association Jeunesse Entreprises

#37 : Parcoursup pour les nuls – partie 2 / 2 Après avoir présenté brièvement parcoursup.fr, la semaine passée, voici mon analyse du dispositif.Tout d’abord, il faut tordre le cou à une idée reçue : parcoursup ne sélectionne pas les candidats !In fine, il y a toujours les enseignants du supérieur qui examinent les dossiers, et qui se demandent si le candidat dont ils découvrent le dossier (sur écran) va pouvoir être un étudiant compétent et motivé. Pour un BUT TC, par exemple, avec environ 2 400 candidats pour 140 places, la formation, affiche clairement sur le site ses critères de sélection, et effectue un pré tri algorithmique des dossiers, pour n’en conserver qu’environ 50%.Ceux-ci sont examinés dans le détail par les enseignants du BUT, qui doivent donc en traiter de l’ordre de 80 à 120, selon les cas. Cet examen aboutit à un classement des 1 200 dossiers présélectionnés.A l’analyse, ce système me semble à la fois précis, efficace et objectif. Il est bien entendu indispensable pour les formations sélectives, mais il n’est qu’optionnel pour les formations universitaires, qui sont, en principe, non sélectives. Je dis « en principe », car, d’une part, face aux afflux de candidats pour certaines formations – Droit, Psychologie, STAPS (3 000 vœux pour 440 places, à Brest…) -, les universités ont pris le parti de sectoriser leurs étudiants, d’autre part, parce que, se sont ouvertes des doubles licences – Droit + Histoire, Gestion + Anglais, Sciences + Innovation, STAPS + Psychologie… -, où il est admis (légal ?) de sélectionner.Alors, pourquoi donc parcoursup est-il autant critiqué ? Certains (politiques…) parlent même de le « supprimer » !A mon sens, le dispositif est le réceptacle des frustrations des candidats qui ne sont pas reçus là où ils le souhaitent, ce qui revient à constater que l’idéologie de « les études supérieures pour tous » est encore très vivace dans notre société : « je suis titulaire du bac (presque tout le monde…), donc j’ai le « droit » de faire les études supérieures, de mon choix ». Et poser la question de : « le candidat est-il compétent et motivé, pour les réussir » devient donc sans objet.L’efficacité de parcoursup est surtout très largement compromise par les failles de l’aide à l’orientation dans le secondaire, soulignées par de multiples rapports. Les taux d’échecs en 1ère année post Bac, de 5% en prépa à 50% en licence, ne sont donc pas à relier à parcoursup, mais bien à la modestie des moyens dont disposent les lycées, pour faire réfléchir leurs élèves de façon approfondie sur leur avenir. Quand on interroge des élèves de terminale, ils répondent majoritairement : « je vais m’inscrire dans telle ou telle formation », et quand on leur demande « pour quoi faire ? », ils ont souvent beaucoup de mal à répondre.En conclusion, je fais le pari que personne ne supprimera parcoursup.fr !#parcoursup #orientation
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#36 : Parcoursup… pour les nuls – partie 1 / 2 Alors que le processus d’affectation en études supérieures se poursuit ces jours-ci, avec la session complémentaire, et que le thème figure au sein de programmes politiques, il me semble utile de rappeler ce qu’est Parcoursup. Parcoursup.fr est un site internet d’information, créé en 2018, prenant la suite du 1er outil informatique d’accès aux études supérieures, « APB », en fonction depuis 2009. Il comporte deux dimensions bien distinctes :– Le site d’information sur la quasi-totalité des formations supérieures (~ 99%), dont le nombre est, non pas de 23 000 (affiché sur le site), mais de l’ordre d’environ 1 200.23 000 est en fait le nombre d’inscriptions différentes, possibles. Ce site est bien entendu accessible en permanence, et non pas – comme affiché sur le site (en fin d’année) – à partir de la fin décembre– Un espace personnel permettant à chaque candidat de gérer ses candidatures, espace accessible seulement aux enseignants du candidat, et aux responsables des formations auxquelles il candidate.Le dispositif parcoursup est géré par l’Onisep, dont la grande compétence en matière d’orientation n’est plus à faire ; il est régulièrement amélioré, et fait désormais partie, centralement, du dispositif d’orientation vers le supérieur.Chaque formation expose en détail ses caractéristiques : résumé du programme, modalités de candidature, critères de sélection, débouchés, chiffres clés, contacts utiles, etc. De rares mises à jour sont effectuées, avant chaque fin décembre.L’espace personnel du candidat expose successivement, et principalement :– Son indentification, très détaillée – dont la possibilité d’obtenir une bourse– Son parcours scolaire, ainsi que ses résultats en lycée – hormis ceux du bac, qui vient d’être repositionné en juin.– Les appréciations de ses enseignants, sur chacune de ses candidatures– Sa « lettre de motivation » (voir mon post n° 34 du 12 juin)– Un espace dénommé « Mes activités et centres d’intérêt », lequel correspond, en partie, à un CV classiqueLe candidat ouvre son espace personnel fin janvier (le 17/01 en 2024), et dispose jusqu’au début avril (le 03/04 en 2024) pour le documenter. Il doit ensuite patienter jusqu’à la fin mai (le 30/05 en 2024), pour recevoir les propositions des formations qu’il vise : « accepté », « en liste d’attente », « refusé », « (accepté) oui si ». Les candidats voient ensuite évoluer, tous les jours, ces propositions, notamment leur avancement sur les listes d’attente – d’où un stress parfois important début juin…A noter que, en sus des quelques 650 000 bacheliers de l’année, parcoursup gère également près de 200 000 candidats de l’étranger ou en réorientation.Nous verrons la semaine prochaine quels sont les commentaires que l’on peut faire, sur ce dispositif.#orientation #parcoursup
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#35 : Vive les stages en milieu professionnel ! Juin 2024 a vu le lancement d’une initiative intéressante du Ministère de l’Education Nationale (E.N.) : l’envoi en stage de découverte de tous les lycéens de seconde générale, du 17 au 28 juin, au sein d’un environnement professionnel. Cette offre vient prendre place au sein du Parcours Avenir, destiné à ouvrir les jeunes sur leurs possibilités d’orientation, et donc de choix de filières de formation. Ce stage s’articule bien avec le célèbre « stage de troisième », instauré il y a une dizaine d’années. Il vient également combler un « trou » dans l’année scolaire des secondes, dont les cours prennent fin aux alentours du 8 au 10 juin. Notons que plusieurs lycées proposaient déjà des stages professionnels en juin, par exemple à Quimper, Brizeux, Cornouaille, Le Likès… D’autres établissements organisent aussi des stages pour leurs élèves de premières, depuis plusieurs années.Alors, bien entendu, que n’a-t-on pas entendu dès l’annonce de cette décision : « le mois de juin est mal placé (les 2nde professionnelles sont – aussi – en stage), les entreprises ne pourront pas accueillir ces jeunes, les conventions seront difficiles à signer, etc… ». Aujourd’hui, bien qu’il soit trop tôt pour tirer un bilan détaillé de ces stages, on doit constater que la très grande majorité des lycéens a bien décroché un stage, grâce aux efforts conjugués des enseignants et des professionnels.Alors, bien sûr, certains objecteront que le « biais de classe » avantage les enfants de milieux favorisés et que l’engagement des professeurs aura été inégal. Mais ce premier essai me semble déjà réussi, et aura encore ancré un peu plus l’idée que la découverte des métiers est bien un maillon essentiel dans un parcours d’orientation réussi.Ces stages de seconde seront rendus plus efficaces, par quelques mesures simples :– Une préparation très en amont et systématique, par les professeurs, en vie de classe, avec les conditions de détection et de réussite du stage – dont ses objectifs– Une mise en commun des réseaux personnels des élèves : un moyen simple de le faire, est de demander, pour une classe, à chaque élève de noter, à gauche d’un tableau, les réseaux dont il dispose, puis à droite, les secteurs qui l’intéressent ; J’ai personnellement vérifié, régulièrement, que dans une classe, les besoins des uns sont majoritairement comblés par les réseaux des autres.– Un débriefing à demander aux élèves, en sortie de stage, quand bien même il s’agit de la fin de l’année scolaireEnfin, il me semble clair qu’une clarification du type de stage s’impose : difficile de demander à un jeune de 2nde de seulement « observer » : à 16 ans, on est capable d’être actif, de participer à des tâches diverses, bref, de travailler – un peu… Le terme de stage à mission serait ainsi plus adapté. #jeunesse #stagedeseconde #entreprise
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#33 : Je suis passé… en seconde Entre les 24 et 29 mai, notre équipe de bénévoles a rencontré les 14 classes de secondes d’un grand lycée de Quimper. Deux heures d’animation sur le thème du projet personnel (PP), en demi classes, avec comme contenu un tour de table, puis un zoom sur les voies et moyens de bien construire son PP – être curieux, se connaître, être engagé dans des activités personnelles. Pour mon compte, j’ai rencontré 11 groupes d’environ 15 jeunes (soit 22 heures en classe…), avec une très bonne écoute, et des expressions de ces jeunes souvent intéressantes. Dans mes tours de table, voici quelques souhaits de PP :– Juriste – avocat, notaire…– Ingénieur, scientifique (pas assez, à mon goût ! c.f. le chantier STEM), architecte…– Soignant – médecin, kiné, dentiste, vétérinaire, infirmier(e) (1) ….– Relation client – commercial, marketing…– Sport,– Forces de l’ordre – armée, gendarme, enquêtrice (1)…– Pilote, contrôleur aérien, hôtesse de l’air…– Quelques affichages très spécifiques (une fois cités) – documentariste, préparatrice physique mentale, astrophysicien, archéologue, agent sportif, commissaire priseur, professeur (1 – écoles), patron…En complément, plusieurs souhaits de « école de management », et un petit 15% de « NSP – ne sait pas »Nos échanges ont porté sur la profondeur de ces PP : « As-tu rencontré un avocat ? Assisté à une audience en tribunal ?… ». J’ai beaucoup insisté sur plusieurs points déterminants dans la réussite d’un PP :– Sortir de chez soi, être curieux, rencontrer des professionnels, se créer un réseau, et donc, laisser de côté – un peu, beaucoup ? – son smartphone… (mission impossible ?)– Consulter le site parcoursup.fr, pour bien structurer son orientation en 2nde et en terminale, et bien y repérer les contenus et recommandations des formations supérieures.– Sortir de la sempiternelle opinion (qui m’agace beaucoup !), pour affirmer : « Non, bac général n’est pas « mieux » que Bac techno, qui n’est pas « mieux » que Bac pro, qui n’est pas « mieux » que l’apprentissage… »– Effectuer des périodes en milieu professionnel : jobs d’été, stages de découverte – en juin, puis à l’occasion des vacances scolaires (nous insistons beaucoup sur ce point). Mon constat est d’ailleurs que de plus en plus de jeunes sont embauchés dès 16 ans, voire 15 ans.A propos des perspectives de stages de juin, à venir pour ces élèves, mon sentiment est que la majorité avaient décroché, ou allaient le faire, des choses intéressantes. Nous leur avons d’ailleurs conseillé de ne pas rester « observateurs », mais d’être les plus actifs possible ! Pourquoi ne pas avoir appelé ces stages « à mission », ou de « mise en situation » ? #orientation jeunesse
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#31 : Bravo aux lycéens en action ! ✨« J’entends et j’oublie, Je vois et je me souviens, Je fais et je comprends »✨(Confucius) Le 15/05, je fais le tour des stands de la finale régionale des « Olympiades des SI – sciences de l’intérieur », aux Capucins de Brest. Je m’arrête sur quelques stands où des élèves de filières SI ou STI2D présentent leurs projets industriels ou technologiques, tous plus innovants et ingénieux, les uns que les autres.55 équipes sont venues de toute la Bretagne, fortes de 300 à 400 jeunes, discrètement cornaquées par leurs enseignants, dont le point commun est leur très forte motivation.Je discute assez longuement avec une équipe du lycée de l’Elorn de Landerneau, qui présente un projet de méthaniseur de petite taille « Ecocycler 1 », et qui finira la journée à la 2ème place (ex-aequo) du concours.Je vous invite d’ailleurs à les découvrir plus en détail sur : https://lnkd.in/ezR4AA9N.Vous réaliserez alors à quel degré de professionnalisation ces élèves sont déjà parvenus.Quel plaisir d’observer et d’échanger avec des jeunes (élèves), énergiques, enthousiastes, prêts à vous vendre leur création ! Ces Olympiades des SI font partie d’un petit ensemble des challenges de concours proposés à des jeunes, élèves, pour leur permettre de travailler à la fois en groupe et en autonomie, accompagnés d’adultes – professeurs et parrains – bienveillants et encourageants. On peut citer les concours de création d’entreprise – EDVL (une entreprise dans votre lycée), les mini entreprises -, les jeunes talents, la résistance, « jeunes, solidaires et citoyens », jeunes reporters, etc… sans même parler des très nombreux concours individuels – olympiades des métiers, des maths, éloquence, plaidoirie, (le célèbre) concours général,… Deux observations, deux suggestions, personnelles :➡ Développer plus et mieux, en priorité dans les matières académiques, classiques – français, histoire, langues… – un apprentissage assis sur plus d’exercices pratiques, de mises en situations et en action des élèves, leur « faire faire » – relancer les ex « TPE » ? Pourquoi continuer à garder des programmes scolaires aussi denses, sans laisser de la place pour en montrer le sens, de manière concrète et appliquée ?➡Repérer dans tous les concours d’innovation – Olympiades, EDVL, Mini entreprises – les meilleurs projets, et s’organiser – Education Nationale, associations, incubateurs – pour permettre le portage de ces projets, afin de les amener le plus loin possible sur une mise opérationnelle sur le marché. Pour en finir avec le gâchis que représente l’oubli de tous ces projets en fin d’année scolaire, leur classement dans les archives des établissements scolaires.Quand donc l’E.N. réalisera-t-elle tout le potentiel de créativité que représente ces élèves engagés dans ces concours, et leurs enseignants hyper motivés?
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#30 : #Jeunesse, entreprises : et le #sport ?Septembre 1996, je suis en visite professionnelle aux USA, et nous voici à Denver, 14h, dans un grand immeuble en cours de construction. Deux étages alloués à un centre d’appels, avec plus de 400 salariés. Dès l’entrée, notre guide nous entraîne sur la droite, et nous fait découvrir une grande salle de sport, contenant tous les équipements possibles. Il nous explique : quand nos salariés font de l’exercice physique, ils sont plus productifs… !Pour ceux qui se rappelleront l’époque, ce type de raisonnement était quasiment absent des entreprises en France, mais, comme souvent, il a fini par arriver en Europe. Depuis une vingtaine d’années, les entreprises françaises ont pris conscience de l’importance de disposer de personnels en bonne forme. Au-delà du seul effet sanitaire, les études menées sur le lien entre sport et entreprise se sont développées : pourvoyeur de valeurs (Pociello, 1999), connoté positivement (Defrance, 2000), le sport illustre l’idéologie compétitive liée à la performance (Ehrenberg, 1991), il est même devenu un outil de management des relations humaines (Pierre, 2006). Le discours managérial tenu autour de la dimension symbolique du sport s’inscrit ainsi dans la volonté des entreprises de mobiliser leurs salariés. De nombreuses initiatives existent : par exemple Pôle Emploi des Hauts de France, avec son programme : « Stade Vers l’Emploi, un recrutement innovant autour du sport – Pas besoin d’être sportif pour participer aux opérations « Du stade vers l’emploi ». Vous avez des baskets et des compétences : venez les révéler et montrer vos savoirs-être aux recruteurs au travers d’activités ludiques et conviviales, autour du sport, adaptées à chacun·e !». On peut ajouter à ces constats celui du développement du métier de « coach sportif en entreprise »Le sport à l’école est-il au diapason de ces démarches ? Probablement non, car, au-delà des heures obligatoires d’EPS – les pratiques sportives ne sont pas beaucoup encouragées ou valorisées au sein de l’institution de l’E.N. Alors même que des études, récentes, ont démontré que la pratique sportive améliore les performances scolaires. La réalité est qu’aujourd’hui les jeunes ont de moins en moins d’activité physique, sans doute en raison du poids croissant des outils numériques, que l’on sait très addictifs. L’idéal serait donc que tous les personnels éducatifs soient capables de bien présenter et promouvoir l’intérêt des activités physiques, pour tous les jeunes, tant au plan sanitaire que scolaire. Je crois qu’on est encore loin… Pour conclure, une note positive pour la Bretagne : l’INSEE affirme qu’elle est en tête des régions françaises pour la pratique sportive ! 17,8 % des bretons sont licenciés, et 71% (France : 65 %) déclarent pratiquer une activité physique ou sportive régulière – au moins une fois par semaine.
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#29 : Emploi : le secteur trop méconnu de l’#ESS.L’économie sociale et solidaire rassemble les entreprises qui cherchent à concilier solidarité, performances économiques et utilité sociale. Acteur économique de poids, l’ESS représente 10 % du PIB et près de 14 % des emplois privés en France – 15% dans le Finistère, dont 11% dans les associations. Ce secteur compte environ 200 000 entreprises et structures, 2,38 millions de salariés et mobilise près de 12 millions de bénévoles. Les entreprises de l’ESS se mobilisent pour remettre l’humain au cœur de l’économie et répondre aux grands défis de la société : combat contre l’illettrisme et le décrochage scolaire, soutien à l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, lutte contre l’exclusion et le chômage, développement de l’économie circulaire, promotion de l’économie du partage grâce au numérique… Le secteur recouvre une infinité de fonctions et de métiers : éducateur spécialisé, auxiliaire de puériculture, conseiller en économie sociale, aide-soignant, etc… Les formations à ces métiers existent, depuis le CAP (petite enfance…) jusqu’au master. En outre, à côté des métiers d’intervention, l’ESS mobilise de très nombreux acteurs dans les fonctions périphériques – gestion, logistique, communication, informatique….Quelle est l’attractivité de l’ESS auprès des jeunes ? Je l’estime personnellement assez faible, et majoritairement liée aux entourages de ces jeunes (parents déjà dans l’ESS), voire à certaines expériences (stages, jobs d’été). Le secteur reconnaît d’ailleurs un manque de communication auprès des différents publics. Peu de quimpérois, par exemple, connaissent la Fondation Massé-Trévidy, qui emploie près de 1 200 salariés au sein de 35 établissements, dans le Finistère Sud. Combien de Finistériens peuvent dire quelle est l’activité de l’association Tour Ar c’Hoat, de Châteaulin, centre unique en France ? Réponse : accompagnement de près de 90 jeunes épileptiques, avec un effectif de près de 50 personnes. L’ESS connaît des difficultés de recrutement, alors même qu’il s’agit d’un secteur dont les effectifs sont et vont être en croissance, dans le futur. Notons enfin une forte progression de la féminisation des métiers de l’ESS.Quid des programmes de SES des lycées : une toute petite mention de l’ESS dans le tronc commun de 2nde, et rien dans les programmes de spécialité de 1ère et de terminale ! Beaucoup de théorie, peu d’applications pratiques ; il faut se rabattre sur le Bac technologique ST2S pour trouver une bonne correspondance avec le secteur de l’ESS, mais cette série n’attire que près de 7% des effectifs des lycées G&T, et dont une grande partie a pour projet des métiers classiques du soin – infirmier en majorité. En fait, il semble aussi compliqué de promouvoir auprès des collégiens, les métiers de l’ESS, que ceux de l’industrie. Comment faire mieux ?
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#27 : Le stage de découverte en seconde générale : tous sur le terrain ! Dans notre approche de la construction du projet personnel, en intervention en classe, nous abordons chez AJE 29 trois piliers que nous estimons fondamentaux :– La connaissance de soi,– Les activités personnelles, extra scolaires,– La découverte des métiers.Sur ce 3ème item, nous plaidons inlassablement pour que chaque jeune, chaque élève se montre le plus curieux possible. Comment s’orienter, si l’on ne connaît pas, ou peu, les différents univers professionnels ? Plus précisément, nous insistons sur deux démarches à conduire par tout jeune lycéen, très personnellement :– Rencontrer, et échanger avec un maximum de professionnels, qu’il contactera à l’aide de ses réseaux – famille, amis, enseignants….– Effectuer le plus possible de stages de découverte – un, deux, cinq jours… -, indépendamment des emplois saisonniers, voire pour quelques lycéens d’emplois permanents qu’ils occupent en parallèle à leur scolarité (équipier MacDo, caissier…)Comme je l’avais rappelé dans mon post n° 5 du 04/10/2023, de nombreux lycées finistériens n’avaient pas attendu l’oukase du Ministre pour instaurer des stages de découverte ! Outre le niveau de la 2nde, quelques établissements ont réussi à localiser durant l’année scolaire une semaine complète, pour mettre en découverte tous leurs élèves, de première principalement, et même de terminale. C’est donc possible ! Mais cela n’est possible, à mon avis, qu’à deux conditions :– Que cette démarche soit parfaitement intégrée dans le projet d’établissement, et soit donc soutenue par sa direction ainsi qu’un maximum d’enseignants,– Que ce type de stage soit bien annoncé, préparé puis débriefé, avec des objectifs clairs et un accompagnement sérieux des élèves, notamment pour la détection de stages bien en phase avec leurs projets personnels (pas toujours le cas en 3ème …)Au-delà de ces stages « en scolarité », un nombre croissant de jeunes réalisent des stages de découverte volontaires, durant les vacances scolaires, pour lesquels leurs lycées établissent des conventions. Avec, là encore, un biais élevé de la capacité en termes de réseau, et donc à les décrocher… Il me semblerait intéressant que les établissements identifient bien ces stages volontaires, les dénombrent précisément, et, pourquoi pas, en fassent une réelle promotion auprès des élèves, notamment auprès de ceux qualifiés de « défavorisés ». Avec pour objectif que la découverte des métiers devienne un des grands piliers de l’orientation. Enfin, il est important de souligner que, stimulées par les problèmes d’attractivité et de recrutement, les entreprises sont désormais nettement plus accueillantes et disponibles pour les jeunes, qu’il y a dix ou quinze ans.#stagedeseconde #decouverte #jeunesse #entreprise
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#27 : Les savoirs-être : et les jeunes ?Le 3 avril dernier, organisation par AJE 29, à Quimper, d’un « mercredi de l’entreprise », consacré aux «#softskills », autrement dit savoirs-être (S-E), réunissant des enseignants et des managers d’entreprise.Commençons par rappeler la définition des S-E : il s’agit de compétences, de natures comportementale et sociale, qui s’ajoutent aux savoirs – j’ai appris par cœur (le plan comptable, par ex.), et aux savoir-faire (je sais passer une écriture comptable…). Les S-E sont nombreux et diversifiés – un test via ChatGPT vous en donne une liste de vingt items… (Tentez l’expérience !)Une première remarque : je ne vois pas en quoi les S-E sont « douces » – soft ? Pour une fois, gardons la dénomination française qui me semble parfaitement adaptée !Ensuite, il est important de rappeler que les compétences sont centrales dans le fonctionnement des organisations – fiches de poste, offres d’emploi, référentiels de métiers, etc. Et, surtout, on observe la part croissante prise par les S-E, depuis 30, 40 voire 50 ans, par rapport aux savoirs et savoir-faire. Mais, là, commencent les difficultés, les plus importantes étant :– Comment les mesure-t-on, comment les évalue-t-on ?– Comment développe-t-on des (ses) S-E ?Évaluer le niveau d’un S-E est ardu ! Comment évaluer le degré d’autonomie, d’adaptabilité, d’empathie ? Pour les savoirs faire, nous avons des outils – PIX pour l’informatique, niveaux A, B et C pour les langues (ou TOEIC et TOEFL), par exemple, mais pour les S-E il faut se contenter des (multiples) tests psychotechniques existants, aucun n’étant reconnu officiellement – à ma connaissance. Dans le recrutement, les méthodes les plus courantes tournent autour des mises en situation, par exemple avec des entretiens de sélection collectifs, en groupe de candidats. Des exemples : IKEA, Airbus, L’Oréal, Amazon, Décathlon….Développer ses S-E est encore plus compliqué ! Il s’agit de travailler sur sa personnalité, ses comportements, au-delà de l’éternel débat sur l’inné et l’acquis. Distinguons, comme pour la RSE (post n° 26), l’enseignement supérieur, lequel a bien pris conscience des attentes du monde professionnel, et dont les programmes comprennent de plus en plus de dispositifs de mises en situation. Stages, travaux en groupe, investissement dans des projets associatifs, notamment, sont organisés pour offrir aux étudiants des opportunités de développer leurs S-E. Et l’école, que fait-elle ?Au-delà du constat que les S-E ne font pas partie des programmes (officiels) du secondaire, et encore moins des référentiels d’évaluation des élèves, on peut noter que sont, à l’occasion (stages, CV, entretiens annuels…), mentionnées leurs qualités. Mais il demeure un écart très important entre l’importance professionnelle des S-E, et la faible place qu’elles occupent au sein de l’école. A méditer ?
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#26 : La RSE : les jeunes, concernés ? Brest, mercredi 27/03, exposé-débat très intéressant sur la RSE et la jeunesse, co animé par Nolwenn Robert-Gourmelon et Clément Bossard, du cabinet aencrage conseil RSE. Mon résumé :La loi « Pacte » de 2019 a inscrit dans le Code Civil l’obligation pour les entreprises de s’engager dans la RSE – Responsabilité Sociétale des Entreprises. Il s’agit de l’intégration volontaire de préoccupations économiques, sociales et environnementales, à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes. En d’autres termes, la RSE est la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable. Une entreprise qui pratique la RSE va chercher à avoir un impact positif sur la société tout en étant économiquement viable. La RSE recouvre ainsi de nombreux enjeux : énergie, biodiversité, climat, égalités… La norme ISO 26000 vient compléter cette disposition, en s’appuyant sur 7 piliers majeurs. Enfin, les plus engagées vont inscrire dans leurs statuts la notion de « Société à Mission »Qu’en savent et qu’en pensent les jeunes ? Je distinguerais deux niveaux de sensibilisation. D’abord, celui des études supérieures et des jeunes diplômés, où il y a de plus en plus d’initiatives stimulantes : évolution des programmes en fonction du DD, projets d’étudiants orientés DD (les bifurqueurs…), mise en avant des attentes sur la RSE en recherche d’emploi, succès des sites d’emploi orientés DD – « jobsthatmakesense », « shiftyourjob » – Les jeunes adultes bougent ! En revanche, je suis assez surpris, et déçu, du peu de réalisations concrètes de l’Education Nationale. Et si de nombreux collèges lancent des initiatives variées sur le sujet, les lycées me semblent figés dans le carcan des programmes et du baccalauréat. Même le programme de SES ne mentionne pas explicitement la RSE voire le DD, dans ses résumés. Le ministère de l’EN a certes diffusé des documents didactiques – les 4 domaines de compétences EDD, par ex. -, et demandé que le DD soit pris en compte par tous les enseignants, mais dans la réalité :– Les programmes n’évoluent quasiment pas – mis à part les spécialités STI2D et SI.– Les lycéens, rencontrés, se montrent peu sensibilisés aux enjeux RSE, notamment dans leurs projets personnels, et l’argent reste une valeur importante pour eux…Pourquoi n’existe-t-il pas une obligation de RSO (Organisation), pour les établissements scolaires, comme on commence à en observer dans les établissements du supérieur ? Feuilletant la brochure de présentation d’un lycée, je n’y trouve aucune mention de DD, de RSE, de RSO… Quand va-t-on réellement bousculer les programmes, pour y faire une place significative à ces notions essentielles ? AJE 29 affiche de son côté une ambition croissante sur la RSE, avec de nouvelles actions en cours de définition et un slogan désormais reconnu, la «#RSE #Jeunesse ».